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Comment humaniser un texte généré par IA ?  

Vous le savez, l’IA a bouleversé les habitudes et les méthodes de production de contenu. Tout le monde en parle et tout le monde l’utilise, en quelques secondes ChatGPT ou Claude vous génère un article de 1000 mots sur n’importe quel sujet. Pour beaucoup d’équipes marketing, c’est une aubaine : gagner du temps, produire plus, couvrir davantage de sujets. 

Mais si le résultat est souvent satisfaisant (et même de plus en plus satisfaisant avec de moins en moins d’efforts !), un texte tout droit sorti d’un LLM se reconnaît. Surtout avec un peu d’expérience, il suffit de faire un tour sur LinkedIn pour s’en rendre compte.  

Mais alors, devez-vous passer du temps à réécrire ce que vous fournit l’IA ? Ou mieux prompter pour obtenir un meilleur résultat que vos concurrents ? 

En fait, on vous conseille de faire un peu des deux : dans cet article, on vous propose d’apprendre à reprendre la main sur le texte généré par IA. Pour gagner du temps en rédaction, tout en produisant un contenu qui vous ressemble vraiment et parle à votre cible.

Fonctionnement des LLM et conséquences sur le texte

Les LLM (Large Language Models), c’est la technologie derrière ChatGPT, Claude, Gemini et tous leurs cousins. Pour comprendre pourquoi leurs textes sonnent parfois faux, il faut comprendre comment ils fonctionnent. 

Ces dernières années, les modèles ont fait des progrès spectaculaires. Le texte brut est de meilleure qualité, les hallucinations sont moins fréquentes, le ton est plus naturel. Le problème, c’est qu’un LLM ne crée rien, il se contente de prédire.  

À partir d’une quantité astronomique de textes ingérés pendant sa phase d’entraînement, il calcule statistiquement quel mot a le plus de chances de suivre le précédent. Le résultat est fluide, cohérent, souvent bien structuré. Mais il ne reflète aucune expérience réelle.  

C’est là que réside la limite. L’IA recycle et réassemble ce qu’elle a déjà vu. Elle est très forte pour produire un texte « dans la moyenne » sur un sujet donné. Beaucoup moins pour produire quelque chose d’original, de spécifique, ou d’ancré dans votre réalité terrain. Résultat : la plupart des contenus IA se ressemblent.

Pourquoi devez-vous humaniser vos textes IA ?

Vous pourriez être tenté de vous dire : « je gagne du temps, ce n’est pas grave si les lecteurs savent que mon texte est rédigé par IA ». 

Pourtant, comme la plupart des contenus IA non-humanisés se ressemblent, à quoi bon lire votre contenu si j’ai déjà lu le même en provenance de tous vos concurrents ? Sans parler des personnes qui sont purement et simplement contre l’utilisation de l’IA. 

Et Google n’est pas en reste. Le moteur de recherche ne pénalise pas officiellement l’usage de l’IA, mais il valorise les contenus qui démontrent une expertise réelle, une expérience terrain, une autorité sur le sujet. C’est ce que les pros du SEO appellent l’E-E-A-T : Experience, Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness. Un article généré sans intervention humaine a peu de chances de cocher ces cases. 

Enfin, il y a aussi la question de la crédibilité de votre marque. On est en droit de se poser des questions sur l’authenticité de votre marque si tout ce que vous publiez (image, texte, logo) sort tout droit de ChatGPT sans intervention humaine. 

Autant de raisons pour lesquelles il est important d’humaniser vos textes.  

Les outils en ligne : la solution miracle ?

 Face à cette problématique, beaucoup se tournent vers des outils dédiés. Il en existe deux types : les détecteurs de contenu IA, qui analysent la probabilité qu’un texte ait été généré par une machine (GPTZero, Copyleaks, ZeroGPT), et les « humanizers », qui promettent de réécrire automatiquement votre texte pour le rendre indétectable (QuillBot, Humanize.im). 

Le principe est séduisant, mais ces outils s’appuient eux-mêmes sur des algorithmes. Ils vont reformuler, varier le vocabulaire ou casser certains patterns reconnaissables. Mais ils n’ajoutent pas vraiment de contenu qui vaille la peine d’être lu : pas d’expérience, de point de vue ou d’ancrage dans la réalité de votre marque

Quant aux détecteurs, leur fiabilité laisse à désirer. Les étudiants qui rédigé des mémoires et autres rapports de stage avec ou sans IA le savent bien. Parfois, un texte écrit à la main peut être identifié comme « 80% IA », alors qu’un texte copié-collé depuis Claude obtiendra un score plus faible… 

Notre avis, c’est que ces outils peuvent dépanner ponctuellement, mais ils ne remplacent pas une vraie intervention humaine. Et cette intervention commence bien avant de générer le texte. 

4 méthodes concrètes pour humaniser vos textes IA

Personnalisez vos outils  

Avant même de rédiger, d’éditer ou de réécrire quoi que ce soit, nous recommandons de bien configurer vos outils, c’est la meilleure façon d’obtenir du contenu exploitable rapidement.  

La plupart des grandes plateformes le permettent : les GPTs personnalisés de ChatGPT, les projets Claude, etc. L’idée est simple : plutôt que de tout réexpliquer à chaque session, vous paramétrez une fois pour toutes le ton éditorial, la cible, les formulations à éviter, le style de votre marque. C’est un investissement de départ qui fait gagner beaucoup de temps sur le long terme. 

Mais même avec un outil bien configuré, la qualité du prompt reste déterminante. Plus vous êtes précis, plus le résultat est exploitable. On vous conseille de structurer vos prompts en 4 blocs : 

  1. Rôle : définissez qui est l’IA dans ce contexte. « Tu es un rédacteur web expert en marketing digital, tu écris pour une agence web basée à Besançon… » 
  1. Contexte : donnez les informations sur votre entreprise, votre audience, votre ton éditorial. C’est ici que vous pouvez coller votre charte éditoriale ou des exemples d’articles existants. 
  1. Tâche : décrivez précisément ce que vous attendez, avec le format souhaité, le plan si vous en avez un, l’intention de recherche ciblée. 
  1. Contraintes : longueur, mots à inclure, mots à éviter, niveau de langage, formulations bannies. 

Dernier conseil : fragmentez. Demandez à l’IA de rédiger paragraphe par paragraphe plutôt que l’article d’une traite. C’est plus facile à relire, plus simple à corriger, et ça limite les répétitions qui s’accumulent sur un texte long. 

Bannir les patterns classiques de l’IA 

Voici quelques patterns que vous reconnaîtrez peut-être des centaines de textes générés par IA que vous avez déjà lu sur les réseaux. Vous pouvez configurer vos outils pour ne pas les utiliser ou les modifier lors de l’édition de votre contenu :  

  • Les superlatifs vides : « essentiel », « incontournable », « crucial », « fondamental » 
  • Les formules d’introduction bateau : « dans un monde où… », « à l’ère du numérique… » 
  • Les métaphores forcées : « faire du SEO, c’est comme dompter une bête sauvage » 
  • Le rythme ternaire : trois exemples cités systématiquement en fin de phrase 
  • Les structures antithétiques répétitives : « ce n’est pas X, c’est Y » 
  • L’abus de participes présents derrière une virgule : « permettant ainsi de », « offrant donc une » 
  • Les em dash (—) utilisés pour couper une phrase, très fréquents en anglais, beaucoup moins naturels en français 
  • Les points-virgules en excès 
  • Les connecteurs logiques omniprésents : « ainsi », « par conséquent », « de ce fait », « en outre » 
  • Les conclusions scolaires : « en conclusion », « pour résumer », « nous avons vu dans cet article que »
  • Les listes à puces systématiques, même quand le contenu gagnerait à être rédigé en prose 

Notez qu’avec les mises à jour régulières des LLMs, certains patterns peuvent devenir moins fréquents et d’autres peuvent émerger.  

Ajoutez vos propres exemples 

C’est probablement le levier le plus efficace pour humaniser un texte. L’IA ne vit pas d’expériences, elle ne connaît pas vos clients, vos projets, vos galères du quotidien. Vous, si. 

Un chiffre issu d’une de vos campagnes, l’anecdote d’un client qui illustre parfaitement votre propos, un retour terrain qui contredit la théorie générale : ce sont ces éléments qui rendent un contenu vraiment utile et crédible. Et que personne d’autre ne pourra copier. 

Les IA ont également tendance à être trop consensuelles, vous pouvez donc aussi prendre une position assumée sur un outil ou sur une tendance de votre secteur. Autant de signaux forts qui font la différence face à un contenu générique. 

C’est aussi ce que Google valorise avec l’E-E-A-T. Le premier « E » signifie « Experience » : le moteur de recherche cherche à identifier si l’auteur a une expérience directe du sujet traité.  

L’édition humaine 

Une fois le texte généré, le travail n’est pas terminé.  

La première chose à travailler, c’est le rythme. L’IA écrit de façon uniforme : des phrases de longueur similaire, des paragraphes de taille comparable, un débit régulier du début à la fin. À vous d’introduire des variations. Une phrase courte après un développement plus long. Un paragraphe de deux lignes après un bloc plus dense : ce sont aussi des règles de base de la rédaction web.  

Travaillez aussi la ponctuation. Pas de points-virgules inutiles, pas d’em dash. Privilégiez le point, qui tranche et relance. Une virgule bien placée vaut mieux que trois connecteurs logiques. 

Bien entendu, si l’IA mentionne des informations ou des chiffres que vous ne lui avez pas fourni, n’oubliez pas d’aller les vérifier. Vous pouvez aussi lui demander ses sources. Les LLM hallucinent de moins en moins, mais il vaut mieux être prudent, surtout si vous rédiger sur un sujet sensible (santé, finance, règlementations…). 

Enfin, relisez à voix haute. C’est le test le plus simple et le plus fiable. Si vous trébuchez sur une phrase, si quelque chose sonne faux à l’oreille, c’est qu’il faut la réécrire. Un texte qui se lit bien à voix haute se lit bien à l’écrit.